Filed under: Heureux qui communique ! | Tags: ambiance travail priorité attente des salariés consommateurs
Tapis rouge pour combler les désirs du consommateur d’un côté, procédures réglementaires pour encadrer le travail du salarié de l’autre, une même entreprise peut se comporter très différemment selon celui à qui elle s’adresse.
La facilité et le plaisir tiennent souvent lieu de promesses quand elle veut conquérir ou fidéliser le client, alors qu’elle se place plutôt sur le registre de la contrainte pour organiser le travail d’un employé. Or cet employé, ce salarié, ce contractuel, bref ce travailleur, bénéficie presque en permanence – mais à l’extérieur – du plaisant statut de prospect ou client. Grâce au marketing et à la concurrence, il profite alors d’une sollicitude grandissante, ses attentes et son comportement sont passés à la loupe pour réussir à le charmer. Que d’efforts déployés pour l’attirer, le satisfaire !
En ce domaine, entreprendre, courir des risques, oser n’est jamais malvenu pour un dirigeant, car il peut invoquer des données chiffrées, du quantitatif, un retour sur investissement tangible qui figurera peu ou prou dans son bilan : de la courbe des ventes à celle de la notoriété en passant par un nombre de visites internet, etc., toute une panoplie d’outils de mesures très précises est susceptible de légitimer des actions ciblées sur le consommateur.
De là, en observant l’intérieur du monde du travail avec un minimum de recul, on est vite saisi par le contraste d’attention portée par les managers sur ceux qui ne sont “plus que” des travailleurs. On ne recense pas une foultitude de directions préoccupées par le bien-être de leur personnel. Autrefois le fabricant se concentrait sur la conception des produits dont le client devait se contenter, aujourd’hui celle où ceux qui travaillent dans des structures économiquement viables doivent surtout se féliciter d’y être hébergés. Quoique le trait semble forcé, il faut constater à quel point les enquêtes révèlent toutes que les salariés aspirent, et en priorité, à une amélioration du côté de l’ambiance de travail.
Mais on n’agit pas sur le climat interne comme sur le packaging d’un produit. L’ambiance n’est pas une discipline monolithique, ses composantes sont multiples : de l’équité des rémunérations au libre accès à une machine à café en passant par des festivités ou des journées portes ouvertes aux familles, les facteurs qui peuvent influer sur l’ambiance sont légion. Pire, on ne peut les isoler les uns des autres et se montrer catégorique sur ce qui “rapporte le plus”. Et dans une sphère où l’on chasse l’incertitude et professe doctement que “tout ce qui se manage se mesure”, celui qui ne peut pas prouver par (a + b) comment il jouera sur la communication interne pour améliorer les résultats se retrouve en situation de faiblesse. L’épicentre du pouvoir économique est financier : l’événement qui réunirait tous les collaborateurs en un moment inoubliable doit d’abord passer sous ses fourches caudines, sous l’acceptation d’une dépense qui n’est pas, d’un point de vue comptable, équilibrée.
Le contre-pouvoir de cette vision mathématique émane de francs-tireurs pour qui la convivialité, la créativité, l’audace, le plaisir, la qualité de vie constituent un potentiel bien supérieur à l’approche courante. Ceux-là ne doivent éventuellement leurs coudées franches qu’à leur talent de persuasion et à condition que les décideurs qui les entourent reconnaissent que le vrai potentiel de développement d’une organisation jaillit de l’envie, naît de l’innovation, émane d’une intelligence en éveil plus que d’une soumission à des procédures (à ce stade on rejoint ni plus ni moins qu’un objectif gravé dans le marbre concernant le consommateur, le motiver).
À l’œil narquois qui jauge complaisamment ces militants de l’humanisme, on pourrait désigner du doigt au moins deux réussites visibles et incontestables, Google et HCL Technologies. L’une célèbre pour le contexte de créativité offert à ses salariés, l’autre (une SSII indienne de 65 000 salariés présente dans 26 pays) dont le management révolutionnaire est résumé dans l’intitulé du livre de son Président “Les employés d’abord, les clients ensuite”. Rien qu’à l’aune de leurs résultats financiers, ces deux entreprises méritent déjà une considération comptable. Mais, de surcroît, elles préfigurent sans doute des tendances à venir et pourraient bien mériter d’être sources d’inspiration.
Les générations qui accèdent au marché du travail exigent de comprendre leur rôle, souhaitent être reconnues au travail comme à l’extérieur, aspirent à l’autonomie, se motivent autant pour la manière de travailler que pour la matière sur laquelle elles travaillent. Et ces exigences se répandent maintenant très vite. Les organisations se métamorphosent. Admonester ou se réfugier dans des modèles jadis éprouvés ne suffira plus pour endiguer les attentes. Vouloir anticiper aujourd’hui, c’est déjà reconnaître qu’une bonne ambiance au travail… ça mérite d’être pris très au sérieux.
Chronique de Jean-Philippe Cathelin publiée dans Le Monde (lemonde.fr du 8 mars 2012)
Filed under: Heureux qui communique !
Les technologies de communication à la portée de tous permettent d’accélérer les échanges d’informations entre les personnes au sein des organisations. Avec, pour conséquence inopinée à ces empressements, une perte de confiance généralisée des uns envers les autres. Or, sans confiance les salariés ne s’impliquent pas foncièrement dans leur travail.
La confiance en un projet ou à l’égard d’un individu ne s’accommode pas de l’instantanéité, elle se construit, se constate, s’enracine et se corrobore au fil des jours.
La vitesse, dans ce cas et pour une part, c’est l’ennemie : des informations ultra rapides et très nombreuses suffisent rarement pour transformer une conviction, ou pour éliminer des suspicions. Comment ne pas imaginer qu’un objectif très vite défini et assigné avec force messages ne sera pas avec la même célérité abandonné, raboté ou réorienté tout à fait différemment? Quand deux entreprises fusionnent tout à coup alors qu’elles s’étaient toujours déclarées concurrentes, quand on abandonne une part de ses activités qui jusque là figuraient en bonne proportion dans son chiffre d’affaires, il y a de quoi ébrécher maints engagements du personnel si on n’a pas pris le temps d’expliquer et d’accompagner ces mouvements.
Entraîner les autres avec sincérité
Pour légitimes que soient les virages et décisions rapides, il n’en demeure pas moins que leurs réussites résident dans la motivation du plus grand nombre à les soutenir, dans l’investissement personnel qui peut en résulter. Et on ne donne véritablement de soi qu’en état de confiance, par une croyance en un projet, et surtout par une foi en ceux qui l’incarnent. L’autoritarisme n’est pas d’un recours efficace en ce domaine. Mieux vaut jouer la sincérité et en faire réellement preuve pour entraîner les autres avec soi. Cela étant on se trouve à ce stade réellement dans l’exigence de compétences managériales et de capacités relationnelles : il ne suffit pas de parler de confiance et de la revendiquer pour la créer, les discours à la mode et langue de bois la font même fuir. Elle se construit sur des liens, sur des pratiques et se démontre par la mise en œuvre de valeurs, sur un contrat moral presque invisible mais constitutif de la culture d’entreprise.
La capillarité de la confiance
Sachant qu’elle n’est jamais désincarnée, bien faire connaître la personnalité des dirigeants constitue une des pistes susceptible de générer de la confiance (qu’on puisse réellement faire confiance à son management demeure naturellement le postulat de base). En savoir assez sur eux pour se dire qu’on peut courir le risque de les croire, et de les suivre, cela prend du temps. C’est toujours par capillarité que la confiance s’instaure le mieux dans les organisations et bien des finalités méritent ce rapport au temps long. Quand l’environnement nous oblige à aller vite, il s’avère judicieux d’avoir auparavant pris le temps de l’acclimatement.
Sur le thème de la confiance, l’AFCI (Association Française de Communication Interne) a organisé un colloque à Paris à la Maison de la Radio, le 7 octobre 2010. Voici quelques extraits vidéo
Filed under: Heureux qui communique ! | Tags: campus, conférence, Dominique Wolton, Information-communication
Du Campus de la communication, co-organisé à Paris les 1 & 2 juillet 2010 par différentes associations représentatives des métiers de la communication, nous extrayons une part -ô combien roborative- de l’intervention de Dominique Wolton, Directeur de Recherche au CRNS.
Aux communicants de métier auxquels il désigne clairement le mur de l’incommunication, un obstacle pour lequel les technologies ne sont qu’illusion, il tient un pertinent discours (impertinent
). On retrouve également ici son leitmotiv avec sa savante distinction entre l’information et la communication”.
Et quand c’est l’Autre, avec un grand A, qu’il s’agit de considérer, de reconnaître, et avec lequel il va falloir négocier, nous nous retrouvons bel et bien dans un contexte de communication interne où s’entrecroisent inextricablement l’individuel et le collectif.
[...] la communication se trouve totalement discréditée au profit de l’information, et je m’escrime pour ma part, depuis de longues années maintenant, à démontrer que la communication est au contraire beaucoup plus importante et complexe que l’information car elle repose sur la relation à l’Autre. La communication consiste en effet à tenter de délivrer un message à un destinataire qui n’en a cure ou qui n’est pas d’accord, et tous ceux qui font de la communication au quotidien savent à quel point c’est difficile car il ne suffit pas de transmettre une information pour que celle-ci parvienne à son destinataire. Les journalistes, qui sont souvent les premiers à dénigrer la communication et à faire l’apologie de l’information, reconnaissent d’ailleurs eux-mêmes que leur objectif premier est de faire en sorte que le message qu’ils délivrent, par écrit ou par oral, selon le média utilisé, soit compris par les personnes qui le reçoivent. J’ajoute qu’il n’y a pas de différence de nature entre la « com » et la communication car dans les deux cas, il s’agit de dire quelque chose à quelqu’un qui ne veut pas l’entendre ou qui n’est pas d’accord.
[...] Je me propose maintenant de vous résumer en cinq points ma théorie de la communication.
Premièrement, on ne peut pas vivre sans communiquer, sauf à être autiste.
Deuxièmement, nous voulons tous communiquer, pour trois raisons différentes – partager, séduire ou convaincre – voire pour les trois à la fois, le dosage entre ces trois composantes variant selon l’âge de l’individu, le moment et la situation.
Troisième étape, nous butons immédiatement sur l’incommunication, qui constitue l’horizon indépassable de la communication. On a beau faire, cela ne marche pas ; et heureusement d’ailleurs, car si nous parvenions à la fusion, ce serait une véritable catastrophe. Face à un tel échec, deux solutions s’offrent à nous : soit on tue l’Autre (ce que nous faisons dans les faits depuis le début de l’Humanité), soit on tente de négocier avec lui au nom des valeurs de la démocratie.
Or, c’est justement ce processus de négociation qui constitue le quatrième stade de la communication et qui nous occupe, tous autant que nous sommes, à 95 % de notre temps. Nous négocions en effet avec nos enfants, nos conjoints, nos collègues, nos responsables politiques et j’en passe, et le seul moment où la communication fonctionne véritablement c’est probablement durant la phase amoureuse, qui dure entre deux jours et six mois maximum. A l’issue de celle-ci, si l’on a envie de poursuivre sa route avec l’Autre, on se met là encore à faire des concessions et à négocier.
Enfin, cinquième stade de la communication, lorsque la négociation se passe bien, nous parvenons à cohabiter, au sein du couple, de la famille, de l’entreprise, du pays ou d’un espace mondialisé regroupant plusieurs nations. La cohabitation constitue donc le stade suprême de la communication car elle coïncide avec la reconnaissance de l’altérité, de la liberté, de l’égalité des protagonistes et de la capacité à trouver un terrain d’entente, au-delà des désaccords initiaux.
Ces cinq jalons ayant été posés, je souhaiterais à présent revenir sur la question de la rupture entre la communication et l’information. Pendant des siècles, ces notions ont été synonymes et correspondaient à des valeurs politiques. Elles sont ensuite progressivement devenues des compétences techniques, avec l’apparition du téléphone, de la radio, de la télévision et de l’ordinateur, pour accéder, en dernier ressort, au statut de valeurs économiques – l’information étant souvent appréhendée, dans nos sociétés, comme une source de pouvoir, au détriment de la communication, de plus en plus dévalorisée.
Dans un tel contexte, nous nous trouvons aujourd’hui confrontés à une situation pour le moins paradoxale, dans la mesure où les gens passent de plus en plus de temps à acheter des techniques de communication et à essayer de communiquer, tout en affirmant haut et fort qu’ils détestent la communication. En d’autres termes, la communication est la seule activité humaine susceptible de virer à l’obsession pour les acteurs en présence, et qui soit dans le même temps autant dévalorisée dans nos sociétés.
Face à cette lame de fond consistant à survaloriser l’information, au détriment de la communication, nous devons nous efforcer de revaloriser cette dernière. Dans nos sociétés ouvertes, où tout le monde sait tout et où tout le monde voit tout, la question centrale n’est en effet ni de produire ni de distribuer des informations, mais bien de supporter la personne que l’on a en face de soi et à qui l’on n’a rien à dire (et réciproquement).
A cet égard, l’avènement d’internet contribue à entretenir le fantasme selon lequel le monde entier serait dorénavant accessible, et ce alors même que l’altérité est omniprésente, laquelle suscite, à n’en pas douter, de l’hostilité. Les hommes ont en effet déjà suffisamment de mal à se supporter lorsqu’ils se ressemblent, alors quand ils ne se ressemblent pas…
Dans un tel contexte, il convient de faire en sorte que la communication puisse se déprendre de l’emprise technique à laquelle elle se trouve actuellement soumise, afin de redevenir l’enjeu humain et politique qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être. Pour le dire plus simplement, il s’agit donc de continuer à s’opposer pour éviter de s’entretuer, étant entendu que la communication constitue, par là même, un immense pari sur la paix contre la guerre, même si l’Histoire de l’Humanité prouve malheureusement que la guerre l’emporte très largement sur la paix.
La communication se caractérise aujourd’hui par le poids effrayant que la technique fait peser sur elle. Nous sommes en effet dorénavant nombreux à passer entre cinq et sept heures par jour devant un écran, qu’il s’agisse de celui de notre ordinateur ou de notre téléphone portable, et nous passons également beaucoup de temps à envoyer des mails, alors que cela ne sert tout bonnement à rien. Autre évolution majeure à laquelle nous nous trouvons actuellement confrontés, le récepteur occupe une place grandissante dans nos sociétés ; or, celui-ci ne cesse de nous importuner, dans la mesure où il se contrefiche de ce que nous tentons de lui raconter et où nous n’avons cure de la réponse qu’il nous apporte, le cas échéant.
Communiquer à l’heure actuelle nous oblige en outre à passer d’un modèle relativement simple de transmission et d’échanges d’informations, à un modèle beaucoup plus complexe et chronophage, reposant sur le partage et la négociation, laquelle occupe d’ailleurs 90 % du temps des responsables politiques, dans les régimes démocratiques.
Dans le même temps, nos sociétés subissent de plein fouet la tyrannie de l’expression : tout le monde a en effet quelque chose à dire et peut le faire, grâce aux nouvelles technologies…. mais personne n’écoute! Et les internautes de s’enferrer dans une communication strictement communautaire, qui ne nous apprend rien sur l’état de la communication dans nos sociétés. Il est en effet beaucoup plus aisé de communiquer avec des personnes partageant les mêmes intérêts que soi que de tenter de faire vivre ensemble des gens qui n’ont rien à se dire et qui ne sont pas d’accord les uns avec les autres.
Autre enjeu majeur de la communication à l’heure actuelle, l’Autre constitue la question centrale avec laquelle nous devons composer, au sein de la société, de l’entreprise, du couple ou de la famille. Qui n’a pas connu ce moment où ces enfants que nous avons adorés deviennent d’effrayants faux adultes, avec lesquels nous nous trouvons contraints de négocier au jour le jour si nous ne voulons pas les voir quitter prématurément le domicile familial ? Sans parler de l’impact que peuvent avoir les mouvements d’émancipation de la femme ou l’affirmation plus forte de l’homosexualité dans nos sociétés modernes, sur la redistribution des cartes qui se joue actuellement sous nos yeux.
Dans un tel contexte, nous risquons de nous trouver contraints de tout renégocier, dans la mesure où les êtres humains ne renonceront ni à leur identité, ni à leur liberté, ni à leur égalité. A cet égard, toutes les professions ayant trait à la communication jouent un rôle central dans nos sociétés, car elles prennent en compte l’incommunication existant entre les acteurs en présence et remplissent par là même une mission éminemment politique, en évitant que ceux-ci ne s’entretuent. Vous exercez donc tous, à votre niveau, un métier d’avant-garde, à l’heure où des acteurs aussi improbables que les armées, les églises ou les médecins ont eux aussi tous cédé aux sirènes de la négociation.
Votre mission est d’ailleurs d’autant plus essentielle que nous nous trouvons aujourd’hui confrontés à un paradoxe évident, selon lequel plus les techniques de communication sont nombreuses, moins les peuples se comprennent. Force est en effet de reconnaître qu’il n’existe aucun rapport entre l’abondance des techniques et des interactions et le fait que les personnes parviennent à se mettre d’accord. A cet égard, la communication constitue, selon moi, l’enjeu politique du 21ème siècle. Et de même qu’il a fallu cinquante ans pour parvenir à un consensus dans le domaine de l’environnement, la route sera longue pour faire accepter à une majorité d’acteurs que la communication constituera bel et bien la grande question du 21ème siècle. En tout état de cause, pourtant, une fois que nous aurons sauvé la planète, il faudra bien que nous évitions de la détruire par la guerre. Pour ce faire, il conviendra d’inventer un concept politique, permettant de reconnaître que nous n’avons rien à nous dire et que nous sommes fondamentalement différents les uns des autres, mais que nous devons malgré tout cohabiter pour éviter la guerre.
Les communicants que vous êtes auront donc un rôle majeur à jouer dans la société de demain et les investissements que les entreprises consentiront à faire dans la communication auront à mon sens bien plus d’impact que les investissements financiers, sur la bonne marche de nos sociétés.
Pour l’heure, toutefois, nous ne pouvons que regretter que la crise financière que nous venons de vivre n’ait pas constitué l’occasion de remettre en cause le rôle délétère de ces technologies de l’information ultra-rapides, qui favorisent la spéculation financière à outrance. Cela nous aurait pourtant permis de nous déprendre de l’emprise idéologique de la technique que nous subissons à l’heure actuelle et nous aurait sans doute aidés à réhabiliter la problématique de la communication. A quand, donc, ce début de réflexion critique sur la technique qui constituera, à n’en pas douter, notre planche de salut ?
Pour approfondir ce thème vous pouvez consulter les deux ouvrages de Dominique Wolton “Informer n’est pas communiquer” (2010) -140 pages d’une savoureuse synthèse de ses réflexions- et “Sauver la communication” (2005). Quant à la restitution des travaux de ce premier campus de la communication, elle est disponible sur le site www.campusdelacommunication.com
Filed under: Heureux qui communique !
La vie c’est le changement. Sur ce plan, aujourd’hui c’est… comme avant. Sauf que nous assistons à une accélération extraordinaire qui modifie notre quotidien. Une mutation qui tout à la fois inquiète, déroute ou passionne, et en tous cas chamboule les organisations de travail : l’irruption du numérique et d’internet.
Et avec le web 2.0, voilà que s’amplifient les perturbations. Le web place l’individu au centre d’un carrefour où se mêlent le temps et l’espace, les vies personnelle et professionnelle. Dans ce nouvel écosystème, il faut apprendre à échanger et démêler ce qui peut être utile.
À la rareté d’une information à trouver, succède le trop-plein des informations à trier. Seul derrière un écran, chacun fait face à un feu d’artifice d’annonces, d’idées fugitives. On reste aux prises avec une masse d’informations aux provenances plurielles, enchevêtrées et contradictoires. La sérénité n’existe plus, sauf à aménager soi-même ses espaces.
Bien des frontières sont abolies : les lieux de travail, les distances, les délais, les hiérarchies. Aux repères fiables et durables, se sont substitués des modes de fonctionnement où tout demeure encore à l’essai. À l’œuvre définitivement achevée, on ne reconnaît plus qu’une tâche toujours perfectible. Tombée en désuétude, l’invocation « je fais bien le travail qui m’est demandé » ne compte plus face à l’expression « je propose des solutions et je contribue rapidement au travail d’équipe ». À la discipline au travail, on préfère l’initiative.
Nous voilà donc au cœur d’un paradoxe : les cartes sont rebattues, l’organisation se reconstruit entièrement et, comme techniquement tout semble possible, tout nous paraît immédiatement envisageable et accessible. On se connecte, on visite, on expédie, on transforme, on se retrouve. Mais, plus nous nous familiarisons avec la paroi plate des écrans, plus nous vivons dans l’urgence, plus nous nous encombrons de données virtuelles, et plus nous aspirons au réel.
Pour foisonnante que soit la technique, il devient essentiel de se focaliser sur une diététique de l’usage du net, moins zapper, jouer la complémentarité, et surtout s’interroger sur un style de vie au travail, sur des valeurs humaines à préserver, sur le temps et les lieux consacrés à d’autres types d’échanges.
Pour profitables que soient les prouesses technologiques, rien n’interdit de se former avec esprit critique à leur bon usage.
Se conduire sur cette route internet avec un certain savoir-vivre doit devenir une vraie priorité. Ne pas s’impatienter, se serrer la main, s’asseoir autour d’une table, se rencontrer à la machine à café, ce n’est pas fatalement perdre son temps ; ce serait plutôt consacrer un temps aux autres pour savoir réellement… se comprendre.
Filed under: Heureux qui communique !
Exigeant et impitoyable. Désormais habitué au tapis rouge, le consommateur exige maintenant le meilleur puisqu’on lui promet la qualité totale et une satisfaction immédiate. Inutile même d’avoir à exprimer des désirs, car ceux-ci sont en permanence captés par les études et sondages. Quant aux sanctions face à une défaillance (si, par exemple, le consommateur n’a pas été averti du moindre risque), elles vont jusqu’au recours en justice.
Le stress devenu courant serait donc la conséquence des exigences du consommateur devenues normales. Si un manque de temps et des moyens insuffisants génèrent en partie ce stress, c’est surtout l’approche humaine des problèmes à résoudre qui influe sur le climat de travail. Le relationnel joue pour le meilleur… ou pour le pire.
Bien que le mot “communication” ait perdu de sa force d’évocation à cause de son apparition en toutes circonstances, il n’en demeure pas moins essentiel dans certains contextes. Clé du mieux-être et d’une coopération optimale dans les structures de travail, la “communication interne” doit désormais bénéficier d’une vigilance particulière. Et si le mieux-être ne recueille pas l’attention du technocrate classique, les conséquences financières du stress peuvent quand même l’éveiller à une approche plus globale. Présenter la communication interne sous forme d’un investissement humain n’est nullement exagéré.
Le catalogue des possibles en ce domaine serait ici trop volumineux à feuilleter. Notons seulement que chercher à améliorer la communication interne, c’est au minimum s’assurer d’une compréhension mutuelle des objectifs à atteindre. Et, pour percevoir clairement les obstacles à franchir, il s’agit d’échanger jusqu’au niveau individuel, se rencontrer et, en fin de compte, tenir toutes les promesses dues à la clientèle. Une démarche qui prend du temps. Et quand on en manque déjà, il faut reconnaître que… c’est stressant !
Filed under: Heureux qui communique !
Et si la crise actuelle prenait racine dans l’uniformité qui partout s’impose ?
La conformité à des règles, la normalité des discours, les ratios à tenir, l’obsession de l’impact médiatique, les incontournables précautions de principes, tous ces passages obligés, ces corsets psychologiques endiguent nos pensées et brident nos comportements. Toute discipline comporte des vertus mais une multiplication de disciplines nous soumet à des contradictions qui portent souvent à la schizophrénie.
Quelles audaces peut-on se permettre quand le droit à la différence s’amenuise au profit de la conformité à des règles obligatoires ?
Exemple classique de règle de “bonne” gestion : “vous devez réduire vos effectifs de 50 personnes avant la fin de l’année” intimait-on récemment au responsable d’une des Directions d’une grand Groupe. Avec, comme seule justification à cette demande, l’alignement sur des ratios existant ailleurs. Et, comme dans ce cas précis les coûts de licenciement apparaissent aux yeux des analystes financiers sous la rubrique “provisions pour restructuration”, loin d’être des freins, ces charges facilitent… la hausse des cours de bourse. Schizophrénique non ?!
Assumer ses différences, se mettre en conformité avec soi-même plutôt qu’avec les schémas à la mode, rester sur sa trajectoire plutôt que rejoindre certains sentiers battus, ceci pourrait bien devenir une piste de progrès.
A l’heure ou c’est encore et surtout dans les esprits que le virus de la grippe est le plus présent, ne faut-il pas se méfier de ce qui se propage trop facilement ?
Prendre un peu de temps pour échanger sur la façon dont on travaille, sur le plaisir et sur les améliorations à entreprendre, et cela indépendamment des prétendues mesures qui s’imposent ailleurs, voilà peut-être une idée de communication interne… à propager (prudemment
).
Une crise déclenche toujours beaucoup de communicationS entre les personnes : des interrogations, des peurs, des rumeurs; les idées fusent, grossissent, bifurquent, se chuchotent, et partent en tous sens. Mais tous ces échanges n’induisent pas spontanément des comportements de sortie de crise.
Une situation difficile met ainsi chaque hiérarchique face à une alternative : attendre que les événements s’améliorent pour communiquer, ou communiquer pour que les événement s’améliorent.
Retenons donc une démarche exemplaire, tout ce qu’il y a de plus concret !
Dans un domaine agro-alimentaire en situation délicate, les dirigeants ont décidé de rappeler aux personnels les fondamentaux de l’entreprise : en résumant toutes les bonnes pratiques passées qui ont contribué à des succès, et en donnant des exemples d’opérations terrain qui aujourd’hui visent des améliorations, les responsables du Groupe endossent délibérément un rôle moteur. Ils conduisent symboliquement (et réellement) les opérations positives, et affirment des valeurs pour guider chacun dans l’action.
Dans toute crise, la communication inter-individuelle atteint un paroxysme et c’est le moment ou jamais d’offrir, en contre-partie, des repères collectifs. La communication interne devient alors la première des ressources, dites ressources humaines.
Filed under: Etudes & publications, Heureux qui communique !, La vie de l'agence | Tags: cadres, crise, dirigeants, DRH, enquête, image de l'entreprise, ressources humaines, salariés
Quelle est l’image de votre entreprise ?
Existe-t-il des écarts significatifs d’opinions entre directions, cadres et non-cadres ? Quel est leur ressenti en terme de communication interne ?
Les écarts de représentation entre salariés et dirigeants se sont-ils accrus depuis une vingtaine d’années ? Quels sont les sujets sur lesquels les avis divergent ?
Afin d’actualiser notre étude menée en 1993 sur ce thème (cf. Liaisons Sociales, CB News, etc…), nous recherchons des entreprises acceptant de distribuer notre questionnaire au sein d’une partie de leurs collaborateurs.
Rapide et simple, cette enquête de 40 questions nous permettra d’accroître les connaissances dans le domaine des ressources humaines.
Des résultats que nous partagerons gratuitement avec tous les intéressés.
Pour en savoir plus et participer, contactez mariedominique.bauer@aconseil.fr

Filed under: Etudes & publications, Heureux qui communique ! | Tags: évolution, Communication interne, DRH, logiciel, mobilité, RH, SIEMENS
Paris, février 2007 : l’agence A CONSEIL a créé MOOVEO, une formule de visualisation des mobilités internes, accessible simplement via un navigateur Internet.
La problématique de la mobilité des carrières se pose dans toutes les organisations. Et dès qu’elles atteignent une certaine taille, il importe d’organiser des procédures pour inciter les collaborateurs à améliorer leur parcours… plutôt que de les voir partir à la concurrence !
Pour résoudre ce problème, la société SIEMENS STS a mis en concurrence plusieurs prestataires. L’agence A CONSEIL a ainsi été sélectionnée sur son projet MOOVEO, un développement qui prend place au cœur même de l’Intranet de SIEMENS.
En trois clics, chaque collaborateur sélectionne la filière d’activité dans laquelle il travaille, puis son métier, et il découvre immédiatement les évolutions qui lui sont proposées, ainsi que leurs modalités.
MOOVEO est entièrement paramétrable pour s’adapter aux spécificités de chaque organisation. Liens vers des bases de données externes (offres d’emploi, formations…), intégration de témoignages, de descriptifs ou de tutoriaux : chaque version de MOOVEO est unique !
Paramétrable et surtout extrêmement simple à utiliser pour tous, MOOVEO est aussi entièrement administrable par le client. Un back-office clair et organisé permet aux acteurs RH de créer, supprimer ou modifier les données en fonction de l’actualité, aussi facilement que dans un document Word.
- Contacts A CONSEIL :
- Directeur : Jean-Philippe CATHELIN
- Chef de projet : Romain CONTY
- Contact : 01 42 40 23 00
